Attaque contre des écoles
Mise à jour le mardi 6 janvier 2009 à 23 h 00
Dans la bande de Gaza, le bilan continue de s'alourdir, mardi, au 11e jour de l'assaut israélien dont l'objectif déclaré est de mettre un terme aux tirs de
roquettes en direction de l'État hébreu.
Des bombes israéliennes s'abattent toujours sur le territoire palestinien, tandis que des soldats israéliens et des miliciens du Hamas se battent dans les rues de
plusieurs municipalités du territoire, l'un des plus densément peuplés du monde.
Des tirs d'artillerie contre trois écoles gérées par l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés (UNRWA) ont fait une quarantaine de morts.
L'attaque la plus meurtrière a eu lieu contre une école dans le camp de réfugiés de Jabaliya, au nord de la bande de Gaza. Plusieurs enfants y ont été tués, selon
des médecins d'un hôpital voisin. Environ 350 personnes y étaient au moment de l'attaque, dans une vaine tentative de se mettre à l'abri des combats.
Israël se défend en affirmant que ses forces avaient en fait riposté à des tirs d'obus en provenance de cette école. L'État hébreu décrit aussi les explosions ayant
suivi ses tirs étaient « sans commune mesure avec l'artillerie utilisée », allusion à la possible présence d'explosifs dans l'école.
Le Hamas est fréquemment accusé par Israël de se servir de la population civile comme bouclier, voire d'utiliser des établissements en apparence neutres comme
caches d'armes.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a qualifié de « totalement inacceptables » ces attaques contre ces établissements.
Les Nations unies donnent régulièrement les coordonnées géographiques de leurs installations dans la bande de Gaza afin qu'elles soient protégées d'éventuelles
attaques. Selon des responsables onusiens, un drapeau de l'ONU flottait sur l'école de Jabaliya.
Selon l'AFP, de violents affrontements ont précédemment eu lieu au cours de la nuit de lundi à mardi dans au moins trois quartiers de la ville de Gaza, soit
Zeitoun, Choujaïya et Touffah. Il en va de même à Jabaliya et Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, ainsi qu'à Bourej, Deir el-Balah et Khan Younès, dans le sud. L'armée israélienne a
coupé l'axe nord-sud de la bande de Gaza à partir du site de l'ancienne colonie juive de Netzarim.
L'agence de presse cite des sources médicales selon lesquelles le bilan de l'offensive israélienne est maintenant d'au moins 660 morts, dont près du quart sont
des enfants, et plus de 2900 blessés.
Ouverture d'un corridor humanitaire
À la demande du Conseil de sécurité de l'ONU, Israël a annoncé l'ouverture prochaine d'un corridor humanitaire pour approvisionner les habitants de la bande de
Gaza.
L'armée suspendrait donc ses attaques dans des secteurs précis, pour des périodes limitées de temps, afin que puissent passer sans risques des convois de
ravitaillement.
La situation humanitaire demeure catastrophique dans la bande de Gaza, où des pénuries de nourriture, d'eau et de carburant sont rapportées. L'électricité est en
outre coupée, contraignant les habitants de Gaza à vivre dans le froid. Le personnel médical travaille dans des conditions extrêmement difficiles. Un médecin étranger interrogé lundi par la BBC
disait avoir été contraint d'amputer de nombreuses personnes, faute d'avoir pu intervenir à temps.
« Il n'y a aucun doute dans mon esprit que nous avons affaire à une crise majeure sur le plan humanitaire », a soutenu pour sa part le directeur des
opérations du Comité international de la Croix-Rouge, Pierre Krähenbühl. « La situation pour la population de Gaza est extrême et traumatisante au terme de 10 jours de combats sans
interruption. En ce sens, la situation est clairement devenue intolérable ». M. Krähenbühl prie les deux parties dans ce conflit de ne pas viser les civils.
Des Canadiens coincés à Gaza
Au moins 36 Canadiens vivant dans la bande de Gaza tentaient de quitter les lieux mardi. Ces ressortissants devaient quitter le territoire palestinien
lundi, au point de passage d'Erez, dans le nord de la bande de Gaza. L'armée israélienne, qui contrôle les lieux, a toutefois annulé leur départ pour des raisons de sécurité.
Au total, 58 Canadiens vivant à Gaza sont enregistrés auprès des autorités canadiennes, mais tous n'ont pas demandé à partir. Le Canada, qui considère le Hamas comme une organisation
terroriste, recommande à ses citoyens d'éviter la bande de Gaza depuis 2000. Depuis que le Hamas a pris le pouvoir en juin 2007, le Canada a évacué 155 citoyens de Gaza.
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Photo: La Presse Canadienne /AP/Khalil Hamra
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Pertes israéliennes
Israël subit pour sa part ses premières pertes militaires: quatre soldats sont morts au cours des dernières heures dans le nord de la bande de Gaza. Au moins trois
d'entre eux ont été victimes d'un tir ami et une enquête est en cours pour déterminer si c'est également le cas du quatrième.
L'objectif militaire de l'État hébreu n'a toujours pas été atteint. Au moins cinq roquettes ont été tirées en direction du territoire israélien depuis la bande de
Gaza au cours des dernières heures. L'une d'elles a atteint la ville de Gedera, à 45 kilomètres au nord-est du territoire, une distance jamais atteinte jusqu'ici. Une fillette de trois ans a
été blessée.
Selon les médias israéliens, au moins 40 roquettes Grad ou Qassam ont été lancées sur Israël lundi. Le quotidien Haaretz rapporte qu'elles ont atteint de multiples localités, dont Ashkelon, Ashdod, Sderot, Kiryat Malakhi, Netivot et Be'er
Sheva. Ces roquettes sèment la panique dans la population, qui dispose de quelques secondes d'avertissement pour se mettre à l'abri.
Le quotidien israélien Maariv dit pour sa part avoir mis la main sur
un rapport des renseignements militaires israéliens selon lesquels le Hamas serait en mesure de lancer des roquettes pendant encore plusieurs semaines.
Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Reuters, Jerusalem Post et Haaretz
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