Mercredi 7 janvier 2009

Réactions à Amman et au Caire

Par Brenda GAZZAR ET AP
06.01.09

En écho aux menaces émanant du monde arabe contre l'opération israélienne à Gaza, le Premier ministre jordanien Nader al-Dahabi a déclaré dimanche que son gouvernement se réservait le droit de reconsidérer ses relations avec l'Etat hébreu.

Des manifestants brulent un drapeau israélien à Damas. 
PHOTO: AP , JPOST

Lors d'un débat houleux au parlement jordanien, al-Dahabi a affirmé que son pays ne "pouvait pas rester silencieux" face aux actions israéliennes et à "la menace qui met en danger la sécurité et la stabilité de toute la région".

En Egypte, le gouvernement du président Hosni Moubarak - qui a blâmé le Hamas pour les événements en cours - a également fustigé l'offensive israélienne. Il est naturel que ces deux nations sympathisent avec leurs frères palestiniens, expliquent des sources israéliennes.

Aussi, Jérusalem ne prévoit pas de changements significatifs dans ses relations avec la Jordanie et l'Egypte à moins qu'un incident "traumatisant" ne vienne s'ajouter à l'opération en cours semblable à celui de Kfar Kana durant la seconde guerre du Liban lors duquel 28 civils ont péri.
L'opération israélienne à Gaza expose les Etats arabes modérés, notamment ceux qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël, à d'énormes pressions internes poussant leurs gouvernements à prononcer de telles déclarations.

L'Egypte et la Jordanie sont en effet tiraillées entre leurs relations diplomatiques et politiques avec Israël et leurs citoyens en colère qui réclament une politique sévère envers Jérusalem.
D'après un analyste du centre stratégique Al-Ahram basé au Caire, il faut s'attendre à ce que des gouvernements arabes modérés prennent des mesures concrètes, comme le retrait de leurs diplomates d'Israël, la coupure des liens économiques ou des exportations d'essence. De telles demandes reviennent fréquemment dans la presse arabe et les cercles politiques. En Jordanie par exemple, où les Palestiniens constituent plus de 60 % de la population, la pression du peuple est très forte.

Pourtant, Eyal Zisser, le directeur du centre Moshé Dayan de l'université de Tel-Aviv n'est pas inquiet et explique que la situation était même pire pendant la seconde guerre du Liban. Il prédit que ni l'Egypte ni la Jordanie ne couperont totalement leurs liens diplomatiques avec Israël. "Cela entraverait le processus de paix", explique-t-il. "Je doute qu'ils fassent une telle chose."

Par Press & cie - Publié dans : Derniere minute - Communauté : Actualité du Moment
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