Une voiture lancée contre une synagogue à TOULOUSE mardi 6 Janvier 2008
AFP - Une voiture a été incendiée après avoir été lancée contre la grille d'une synagogue d'un quartier périphérique
de Toulouse, près de laquelle a été découverte un autre véhicule contenant des coktails molotov dans la nuit de lundi à mardi, a-t-on indiqué auprès de la préfecture de la Haute-Garonne.
Vers 21H40, "une voiture a été projetée sur la grille de la synagogue de la partie résidentielle de ce quartier sensible", a indiqué à l'AFP, la directrice de cabinet de la préfecture, Anne-Gaëlle
Baudouin-Clerc, ajoutant qu'un cocktail Molotov a été lancé sur le véhicule.
"Personne n'a été blessé dans l'incendie qui n'a pas été revendiqué", a précisé la directrice de cabinet.
Un rabbin de la communauté juive de Toulouse donnait un enseignement à des adultes à l'intérieur de la synagogue, équipée d'un système de vidéo-surveillance, quand l'incident s'est produit, a-t-on
indiqué de même source.
Ce sont des voisins du lieu de culte qui ont donné l'alerte, selon Mme Baudouin-Clerc, qui a ajouté qu'un "second véhicule a été découvert non loin avec à l'intérieur trois cocktails Molotov" non
utilisés. Une des premières hypothèses des enquêteurs semble conclure que "les auteurs ont été dérangés vraisemblablement par une alarme", a-t-elle poursuivi.
Le parquet, saisi de l'affaire, devrait désigner le service régional de police judiciaire pour suivre l'enquête.
Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), le Consistoire Central de France et SOS Racisme ont immédiatement condamné l'"agression antisémite" contre la synagogue.
Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, dans un communiqué, rapporte que, selon des élèments de l'enquête, "le véhicule contenait des coktails molotov et qu'un second véhicule
qui a été propulsé sur le premier n'a pas pris feu alors qu'il contenait aussi des bombes inflammables".
Pour sa part, le Consistoire Central de France condamne "l'accumulation d'actes de violences commis contre des synagogues en France et appelle à la réaction des pouvoirs public".
Il demande "avec insistance aux pouvoirs publics de faire au plus vite toute la lumière sur ces signes annonciateurs d'une nouvelle vague d'actes antisémites qui revient à nos portes, mais surtout
de prendre toutes les mesures nécéssaires pour garantir la sécurité des lieux de vie juive en France et plus généralement de l'ensemble de la communanuté juive."
De son côté, Dominique SOPO, président de SOS Racisme, a déclaré : "C’est avec indignation et inquiétude que nous avons appris que, dans la soirée du 5 janvier 2009, une voiture-bélier enflammée
avait été lancée contre le portail d’une synagogue à Toulouse."
Le président du mouvement anti-raciste estime également qu'il "est fort probable que cet acte criminel soit lié à la situation en cours dans la bande de Gaza" et souligne que "celles et ceux qui
voudraient jouer le jeu de l’importation du conflit du Proche-Orient sur notre territoire ne le font certainement pas pour aider ni les Israéliens, ni les Palestiniens, à moins qu’il nous soit
expliqué en quoi frapper un Juif ici améliorerait la situation dans la bande de Gaza ou en quoi se livrer à des ratonnades apporterait un plus à la sécurité d’Israël."
Enfin, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) s'est déclarée "terrifiée par l'attentat à la voiture-bélier commis contre la synagogue Shaaré Emeth à Toulouse."
Dans un communiqué, Raphaël Haddad, Président de l'UEJF, estime qu'il "est terrifiant de voir des individus importer le conflit en cours au Proche-Orient en s'attaquant aux Juifs." "Nous ne voulons
pas revivre le même cauchemar qu'en 2001", a-t-il ajouté.
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