Dimanche 4 janvier 2009

Affrontements à Gaza

Mise à jour le dimanche 4 janvier 2009 à 6 h 36

Soldats israéliens dans la bande de Gaza

Photo: AFP/Jack Guez

Soldats israéliens dans la bande de Gaza

Israël a intensifié ses opérations, au lendemain du déclenchement de son offensive terrestre dans la bande de Gaza .

Dimanche, l'armée israélienne s'est avancée plus profondément dans la bande de Gaza et est maintenant aux portes de Gaza. Des dizaines de blindés et des unités d'infanterie sont signalés à trois kilomètres au sud de la ville. Des combats entre militaires israéliens et combattants du Hamas sont également rapportés dans les environs de Gaza, où les familles sont maintenant très nombreuses à fuir.

Grâce à ces dernières avancées, Israël aurait maintenant coupé en deux le territoire palestinien et Gaza serait entièrement encerclée et isolée.

Des affrontements sont également signalés à Jabaliya et à Beit Lahya, dans le nord du territoire palestinien.

Selon des hospitalières palestiniennes, au moins 23 Palestiniens ont été tués par les opérations israéliennes depuis minuit, dont 3 combattants du Hamas. D'après ces sources, cinq civils palestiniens ont notamment été tués dans le centre de Gaza par un tir d'obus de char et 14 autres ont été tués à Jabaliya et à Beit Lahya. Un autre a été tué près de Khan Younès, dans le sud du territoire, disent les mêmes sources.

Selon la collaboratrice spéciale de Radio-Canada, Danièle Kriegel, Israël ne veut confirmer aucune information sur les lieux où se déroulent les combats. Les militaires israéliens auraient d'ailleurs été censurés par leur état-major. L'armée israélienne aurait en effet confisqué tous les portables de ses militaires qui participent à l'opération pour qu'ils ne puissent transmettre aucune information à leur famille.

La chaîne de télévision Al-Jazira rapporte pour sa part la mort d'un soldat israélien durant l'offensive. L'information n'a cependant pas encore été confirmée. Si elle se confirme, il s'agira du premier militaire israélien tué depuis le début de l'offensive terrestre, samedi soir.

L'armée israélienne soutient que 30 de ses soldats ont été blessés depuis le début de l'offensive, dont deux grièvement.

De son côté, le Hamas dit avoir enlevé deux soldats militaires lors de combats dans la bande de Gaza. Israël assure ne pas avoir connaissance de cette information. « De ce que nous savons, ce n'est pas vrai », a déclaré un responsable de l'armée israélienne.

Les tirs de roquettes et d'obus de mortier palestiniens sur le sud du territoire israélien se sont poursuivis. Selon un porte-parole militaire israélien, 25 roquettes et obus de mortier ont été tirés depuis le début de l'offensive israélienne, sans faire de victime. Une des roquettes a toutefois touché une maison à Sderot, blessant légèrement une femme.

Une offensive « inévitable », dit Olmert

Dans sa première intervention publique depuis qu'Israël a pénétré dans la bande de Gaza, le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a déclaré dimanche que l'offensive terrestre était « inévitable ».

Tir israélien sur Gaza

Photo: AFP/Menahem Kahana

Tir israélien sur Gaza

Selon lui, le gouvernement israélien a fait « tout » son possible avant le début de l'offensive et n'avait plus le choix de déclencher l'opération. Il dit ne pas pouvoir laisser continuer que des résidents du sud d'Israël soient encore la cible de tirs de roquettes du Hamas.

Ehoud Olmert a précisé que l'armée israélienne ne se battait pas contre le « peuple palestinien » et qu'il préviendrait une crise humanitaire en facilitant l'acheminement de l'aide alimentaire et médicale dans la bande de Gaza.

Le premier ministre israélien a ajouté qu'il n'envisageait pas l'ouverture d'un nouveau front sur la frontière avec Liban, dans le nord d'Israël. « Israël n'a aucun intérêt à l'ouverture de nouveaux fronts autres que celui déjà ouvert dans le sud », a-t-il déclaré dans ce qui semble un avertissement voilé au Hezbollah. M. Olmert a prévenu avoir « donné instruction aux responsables de la Défense pour qu'ils se tiennent prêts à toute éventualité dans le cas de figure où quelqu'un penserait tirer avantage du fait qu'Israël opère sur son front sud ». Samedi, le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, avait lancé un avertissement similaire.

Pour sa part, dimanche, Ehoud Barak a déclaré que l'offensive israélienne serait élargie « autant que nécessaire » pour en finir avec les tirs de roquettes palestiens. Il a ajouté que l'offensive pourrait durer longtemps. « Ce ne sera pas facile. Ce ne sera pas court. Je ne veux induire personne en erreur », a-t-il indiqué.

Aucun accord à l'ONU

Avant une séance extraordinaire du Conseil de sécurité de l'ONU, samedi soir, le secrétaire général Ban Ki-moon a demandé à Israël de mettre fin à l'opération terrestre, de protéger les civils et de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza.

Toutefois, le Conseil n'a pu s'entendre sur le texte d'une déclaration de cessez-le-feu après quatre heures de discussions, comme l'a confirmé son président, l'ambassadeur français Jean-Maurice Ripert, en fin de soirée.

Conseil de sécurité de l'ONU

Photo: AFP/STAN HONDA

Le Conseil de sécurité de l'ONU (archives)

La Libye, seul membre arabe (non permanent) du Conseil, avait demandé la tenue de cette réunion. Le texte présenté condamnait l'escalade de la violence et l'offensive israélienne, mais ne mentionnait pas les tirs de roquettes palestiniens sur le territoire d'Israël.

Les États-Unis se sont à nouveau rangé du côté de leur allié israélien pour bloquer la résolution. Le gouvernement américain a affirmé travailler à un cessez-le-feu, mais qu'il fallait s'assurer qu'un éventuel arrêt des violences soit permanent, c'est-à-dire que cessent les tirs de roquettes des combattants palestiniens.

Le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Miguel d'Escoto, du Nicaragua, a posé un geste rare en venant s'informer de l'état des discussions au Conseil de sécurité. En son nom personnel, il a qualifié l'opération israélienne de « monstruosité » et déploré le « dysfonctionnement » du Conseil de sécurité.

Les appels au cessez-le-feu se poursuivent

Dimanche, malgré l'échec des négociations à l'ONU, plusieurs leaders internationaux ont continué de réclamer la fin des hostilités dans la bande de Gaza.

Sur les ondes de la BBC, le premier ministre britannique, Gordon Brown a affirmé que la communauté internationale, surtout les États-Unis et l'Union européenne (UE), devait accentuer la pression pour obtenir un cessez-le-feu immédiat. Selon lui, les derniers développements sur le terrain avec l'offensive terrestre israélienne constituent « moment très dangereux ». Il a ajouté que les tirs du Hamas sur le territoire israélien devaient cesser et que les Palestiniens avaient un besoin urgent d'aide humanitaire

Un peu plus tard, le Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, Javier Solana, a demandé aux Israéliens et aux Palestiniens de mettre fin aux violences. Il a précisé que l'Union européenne était prête à contribuer à une mission d'observateurs internationaux pour le maintien de la paix dans la région.

La Commission européenne a exhorté Israël à « respecter [ses] obligations internationales » et d'assurer un « espace humanitaire » pour permettre d'acheminer de l'aide aux civils palestiniens. L'organisation a d'ailleurs annoncé avoir débloqué une aide supplémentaire de 3 millions d'euros pour le territoire palestinien.

La Russie a aussi déclaré dimanche être très préoccupée de la situation sur le terrain et a aussi demandé aux deux parties de mettre fin aux hostilités. Moscou a dépêché son envoyé spécial pour le Moyen-Orient dans la région, afin de tenter d'arracher un cessez-le-feu.

Le président français, Nicolas Sarkozy, sera quant à lui lundi et mardi dans la région afin de tenter de trouver une issue pacifique au conflit.

Le silence d'Obama

Pendant que l'administration Bush semble cautionner implicitement l'offensive terrestre israélienne, le futur président des États-Unis, Barack Obama, refuse de commenter ouvertement la situation sur le terrain. Sa porte-parole, Brooke Anderson, justifie ce silence en disant qu'il faut respecter le principe qu'il n'y a qu'un président des États-Unis à la fois et qu'il faut que le pays parle d'une seule voix. Mme Anderson dit toutefois que M. Obama suit la situation de près.

Radio-Canada.ca avecReuters, Agence France Presse, Associated Press et BBC

Par Press & cie - Communauté : Actualité du Moment
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