l’ombre d’israËl sur un ocÉan de problÈmes arabes
KUCZKIEWICZ,JUREK
Samedi 3 janvier 2009
Le Proche-Orient ne se laisse jamais durablement contester son statut de conflit mère. L’est-il réellement ? Force est de constater, une fois encore, que le conflit proche-oriental reste un abcès, qui lui-même génère ou complique prodigieusement nombre d’autres problèmes.
Il est curieux de constater, dans un cas de regain violent comme celui à l’œuvre à Gaza, que la critique internationale a tendance à se focaliser sur Israël, puis accessoirement sur la communauté internationale, Etats-Unis en tête suivis, loin derrière, de l’Europe.
Il n’est pas question ici de dédouaner Israël des critiques qui lui sont justement portées, pour le caractère disproportionné d’une opération à forte teneur électorale, et dont la finalité (détruire le Hamas) reste douteuse.
Mais il convient aussi de sortir du créneau habituel des critiques, pour s’arrêter sur des acteurs que l’on épargne finalement trop souvent : les Etats arabes. Si les réactions de ce qu’on appelle leurs opinions publiques sont largement médiatisées, leurs dirigeants et gouvernements passent finalement pour les grands absents du maelström politico-médiatique. Où sont les actions tangibles des dirigeants arabes, qui encouragent volontiers leur « rue » à critiquer le soutien, manifeste ou tacite, du monde occidental à Israël ? A part quelques communiqués, et des réunions de la Ligue arabe toujours postposées mais invariablement ponctuées de communiqués creux, les Etats arabes sont les grands absents au chevet de la victime malade qu’est la Palestine. Faut-il rappeler que le plus gros contributeur d’aide à la Palestine et à Gaza est l’Union européenne (dont les réalisations immobilières viennent d’être rasées par Israël) tandis que les monarchies du Golfe ne déboursent pas un pétro-cent pour Gaza ?
L’inaction et l’incapacité diplomatique des pays arabes révèlent un problème gigantesque occulté par le simple conflit israélo-palestinien : les régimes arabes, qui tiennent uniquement par la force des pétrodollars ou de leurs polices, voient l’hiatus entre les gouvernements et leurs populations s’accroître chaque jour.
Le conflit israélo-palestinien est peut-être un conflit mère. Mais le jour hypothétique où il sera résolu, les dirigeants arabes se retrouveront seuls face à leurs peuples. Israël fait beaucoup pour rester le meilleur ennemi des pays arabes. Mais la grande ombre du petit Israël couvre opportunément un océan de lâcheté, de corruption et d’incompétence, vrais responsables de la misère de centaines de millions de gens. Quand les Arabes s’éveilleront…
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